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RECITS ET COMMENTAIRES DES CLIENTS

ASTERIE NOVEMBRE 2008

LOS LLANOS 4J/3N

 

 

 

 

 
C’est parti pour les plaines des Los Llanos

Le lundi 17 novembre, une autre Toyota nous attend devant la posada. Choco le chauffeur et Ingrid, notre guide, vont nous faire vivre une nouvelle aventure : La découverte des grandes plaines « Los Llanos ». Pour arriver dans ces plaines, la route monte en lacets jusqu’à un col situé à 3500 mètres. La voiture roule bord sur bord, c’est assez pénible. Choco n’est pas un modèle de chauffeur dît,  tout en douceur. Coups de frein, coup de volant, c’est du grand Choco. Tout est mis en œuvre pour nous remonter l’estomac au bord des lèvres. C’est un comble pour nous navigateur. Josiane vexée, arrive à s’allonger sur la banquette, prétextant un mal de dos. Elle est vite imitée par Sylvie, pas très bien non plus. Quand Ingrid annonce le dernier virage, nous poussons tous un ouf de soulagement. Choco en profite sournoisement pour enfoncer l’accélérateur et lancer la Toyota à fond sur les longues lignes droites de ce ruban goudronné, creusé de temps en temps d’ornières ou de trous, tardivement détectés par notre Choco. Ce qui nous vaut des bons significatifs et douloureux.

 
Le village le plus haut du Venezuela 3140 mètres. Parc naturel avant le col.

 
Halte au parc naturel de la Sierra Nevada
 
Halte « big » brochettes dans un restaurant. Choco charge la glace pour le séjour.

Nous faisons une halte avant  le Rio Apure, le deuxième plus grand fleuve qui se jette dans l’Orénoque, pour faire un appoint de logistique. Nous sommes dans l’un des derniers villages avant notre destination finale. Nous en profitons donc pour acheter une caisse de bières et du
Rhum local pour l’apéro. Choco charge les glacières de pain de glace. La bière est mise au frais. Bien joué Choco.
Choco freine brutalement. Un anaconda est sur la route, mort. Josiane peut s’approcher. Le soleil se couche sur la savane soudainement embrasée. Superbe !
Aux phares de la voiture, nous découvrons notre camp de base pour ces 3 prochaines nuits. Tout paraît rustique. Ingrid nous conduit à notre chambre, un dortoir en vérité. Un lit trône au milieu de cette vaste pièce commune, entouré de hamacs suspendus aux poutres de la charpente. Josiane utilisant une fois de plus son prétexte de mal de dos, s’octroie le lit. Nos amis Claude et Sylvie choisissent leur hamac, le canadien Tod et l’anglaise Jane qui nous accompagnent pendant deux jours, « s’isolent » dans leur hamac respectif. La surprise est de taille. Nous nous attendions à une jolie posada, nous voici hamac contre hamac entourant un lit, le notre. Charmante intimité.
Tous crevés, sans la force de prendre une douche au milieu des milliers d’insectes volants dans la lumière des toilettes, nous nous allongeons dans nos couchages respectifs, non sans oublier de nous beurrer de crème  anti-moustiques, étaler grassement sur la sueur de la journée.
Il fait lourd, l’orage gronde. Je l’attends avec impatience les yeux ouverts. Soudain le vent se lève. La pluie arrive aussi brutalement. Ouf ! Enfin l’air frais attendu, entre dans cette grande pièce par les moustiquaires. La porte claque sous la pression d’une rafale plus forte que les autres. Tod doit sortir de son hamac pour la pousser. Je saute du lit pour lui tendre la barre de fer qui bloque la porte et pare ainsi à toute nouvelle volonté capricieuse de l’orage. Drôle de première nuit dans les Llanos.

 
Choco, Josiane, et l’anaconda mort. Coucher du soleil sur la savane.

J’attends avec impatience que la lueur du jour pointe entre les manguiers. Les coqs s’en donnent à cœur joie. Ils sont partout ces empêcheurs de dormir. Je me lève et pars à la découverte du camp. La rusticité constatée la veille se confirme. Les toilettes sont déjà débarrassées de tous les insectes. Une bonne douche glacée me fait oublier mon manque de sommeil. Josiane n’est guère mieux, et son sommeil c’est précieux. Optimiste, elle mise tout sur la sieste et la nuit prochaine pour récupérer. Un bon petit déjeuner nous fait définitivement oublier notre nuit. Au programme ce matin, balade à cheval pour découvrir la faune des marais très proche du ranch. Le cheval n’est pas mon moyen de transport favori, mais n’est-il pas l’animal idéal pour rester au contact de la nature ?
Je grimpe souplement sur le dos de mon fier destrier qui met alloué par Alex. Nous avançons lentement au rythme du pas de notre petit cheval des Andes. Josiane, sentimentale, commence à parler à l’oreille de son cheval pour essayer de le guider. Le résultat n’est pas très convaincant. Pour ma part, pour me familiariser avec cet animal inconnu, j’essaie d’appliquer les règles élémentaires qu’Ingrid  nous a rappelées avant le départ. Ce n’est guère mieux. Mais au fils des pas, les gestes s’assurent et la bête montre des signes encourageants de légère compréhension. J’y crois !

 
Le camp Los Mangos de part les nombreux manguiers aux  alentours. Les toilettes.
 
Préparation de nos chevaux pour la promenade.
 
Josiane essaie de dompter sa monture et moi de rester dessus. C’est déjà pas mal
 
Le fourmilier et les caïmans

 


Gentille petite bête vue de loin. Partie de dominos avec Ingrid pendant la sieste.

Cette belle promenade nous offre la nature nous entourant. Il suffit juste d’admirer. Pleins de très beaux oiseaux restent immobiles et offrent leurs plumes multicolores. Les caïmans se chauffent aux rayons du soleil étalés sur les berges basses des marais. Ils plongent dans l’eau glauque dès notre approche. Nous rentrons au camp, les yeux pleins d’étoiles mais les fesses en charpie.
Un rapide mais solide déjeuner, laisse aux amateurs de la sieste le temps de se reposer avant de partir pour un safari auto. Josiane en profite pour reposer son dos et sûrement dormir un peu. Claude et Sylvie s’octroient une grosse sieste.
Cinq jeunes allemands, également présents dans le camp, sillonnent les sites touristiques du Venezuela. Nous faisons un brin de causette. Ils partent demain pour Caïmana.
La sieste terminée, la Toyota nous emmène à la recherche de l’anaconda. Vivant cette fois-ci, si possible. Installé sur le toit, assis sur une planche, mes fesses douloureuses tapent durement à chaque passage d’ornières. Mais la vue est imprenable. La savane déroule sa végétation à perte de vue, devant nos yeux ébahis. Le temps est couvert, il ne fait pas trop chaud. Nous stoppons. Nos amis locaux accompagnés d’Ingrid, se lancent pieds nus dans les marais avec seulement un long bâton à la main, de l’eau jusqu’aux genoux, sans peur des caïmans et autres piranhas prêts à vous manger tout cru. Ils cherchent un anaconda, mais reviennent bredouilles. Nous finissons le safari par une belle pêche aux piranhas. Ce n’est pas très difficile. Un bout de poulet accroché à un gros hameçon fixé à une tige de fer,  cinq mètres de fil et c’est parti. Il faut ferrer vite sinon le vorace, il te mange tout ton appât.

 
Partie de pêche aux piranhas. Plutôt petit le mien mais il mord bien quand même. Méfiance.


Alex, à la chasse à l’anaconda ou à la pêche aux piranhas, toujours téméraire.

Le soir nous dégustons notre pêche La friture est excellent. Finalement c’est beaucoup mieux que ce soit nous qui les dégustions ces petites bêtes là. Le mois dernier, un local, parti à la pêche aux piranhas, n’est jamais rentré chez lui.
Après le dîner, un air de fête règne sur le camp. Josiane et moi en profitons pour glisser quelques pas de danse sur une salsa locale diffusée sur le lecteur de CD du Toyota. A 21h30, extinction des feux, le générateur est arrêté. Après une douche, malgré les insectes devenus plus familiers, nous nous glissons sous les draps. Sans dormir. Encore une nuit impitoyable. Après les divers ronflements, c’est la pluie. Puis les coqs. Ensuite, la pluie, les ronflements et malgré la pluie, les coqs. Bref à 6 heures, je déambule dans le camp. Il pleut mais son intensité commence à diminuer.
Pour notre deuxième jour, la Toyota nous conduit sur une piste boueuse au bord de la rivière. L’équipe installe le 40cv Yamaha sur une longue pirogue métallique de 9 mètres. Nous grimpons tous à bord, puis nous partons sur le rio à la recherche des dauphins roses. La pirogue glisse à toute vitesse sur l’étroit canal qui rejoint la rivière. Le décor est grandiose. Les oiseaux, très nombreux, s’envolent à notre approche. Nous aurions préféré une approche plus discrète afin de rester plus proche de la faune. Le piroguier finalement ralentit. Je filme les hérons tigre et  cendrés, les tortues, les caïmans et un martin pêcheur. Deux gros caïmans allongés nonchalamment sur la berge, se glissent, à notre approche, dans l’eau marron du rio. Leurs deux longues dents dépassent de leur long museau sous leurs narines. Breu ! Il ne fait pas bon tomber à l’eau.

 
Des spatules roses et je ne me rappelle plus. Je n’ai pas pris assez de notes. Désolé.

 
Chat sauvage. De beaux oiseaux pris de la pirogue.
 
Bébé héron tigre et majestueux héron cendré
 
Courte halte sur la rivière. La pirogue se faufile à travers la végétation à pleine vitesse.

Nous faisons demi tour après une courte pause, la pirogue posée sur le sable de la rive. Nous entendons le souffle caractéristique du dauphin. Un court aileron rose pointe à la surface de l’eau, apparition trop éphémère pour pouvoir photographier ou filmer. Mais nous avons vu les dauphins roses, nous sommes comblés. Comme bouquet final, deux aras de la couleur du drapeau vénézuélien, jaune, rouge et bleu, prennent un envol coloré et suivent un instant le lit de la rivière. Nous rentrons au camp plein d’images dans les yeux, ravis de cette belle balade.
Au déjeuner, dans notre assiette, du  cochon sauvage, attrapé dans la savane par l’équipe du camp pendant notre sortie sur la rivière. Josiane n’apprécie pas, personnellement je trouve la bête plutôt bonne et la chair on ne peut plus naturelle.
Un petit gamin vient nous chercher. Nous laissons momentanément le cochon noir dans notre assiette et suivons le petit accompagné d’Ingrid. Il nous guide à travers les champs. Au bord d’un chemin, un anaconda de 4 mètres est à demi lové. Ingrid le saisit avec rapidité et dextérité derrière la tête. Aidée d’Alex puis de Claude et de Josiane, elle le soulève. Je filme, je photographie, nous avons notre anaconda. Ravis, nous rentrons finir notre cochon sauvage noir.

 
Un anaconda, bien vivant cette fois-ci. Josiane adore porter les anaconda.
 
Choco, Ingrid et le petit caïman. Les enfants du camp.
 
Le couchage rustique. L’équipe du camp autour de la senora.

 

 
Un peu de repos. Pour Claude aussi à l’heure de la bière.

L’après midi c’est sieste. J’en profite pour rédiger quelques notes afin de ne pas perdre le fil de cette expérience unique.
Un nouveau safari est programmé pour la fin de l’après midi. Nous devons attendre Choco parti raccompagner Tod et Jane à l’arrêt de bus le plus proche à deux heures de voiture. Ils rentrent chacun dans leur pays respectif. Choco n’arrivant pas, nous partons à pieds sur la  piste boueuse admirant le vol des oiseaux. Alex, à la lueur de sa torche, nous trouve un petit caïman. Curieux, nous suivons attentivement les explications détaillées d’Ingrid, intéressante au possible et incollable sur la faune et la flore de son pays.
Il est l’heure de rentrer à Puerto la Cruz. Il pleut. Choco nous conduit à Barinas. La route est longue. Nous déjeunons près du terminal des bus. Nous nous séparons, non sans échanger nos adresses email. J’enverrai des photos, promis. Chao les amis. Nous sommes heureux d’avoir partagés un peu de leur vie, même si pour eux nous restons des touristes. Ce deuxième voyage, différent du premier, est aussi une expérience riche en contact humain. Après 17 heures de bus, nous arrivons à Puerto La Cruz, complètement frigorifiés, il fait 12° à l’intérieur  du bus tout au long de la nuit.
Un taxi nous conduit à la marina. C’est la fin de ce surprenant voyage à la découverte du Venezuela de l’intérieur, très différent de celui de la côte que nous connaissions jusqu’à présent. Dans ces plaines lointaines, les gens sont proches de leur nature et respectent la terre sur laquelle ils vivent. Ils sont honnêtes et généreux. Jamais nous n’avons ressentis la moindre insécurité.
Un très beau voyage. Merci Sylvain, Marcos, Ingrid, Choco, et tous les amis rencontrés, qui nous ont aidé à apprécier cette belle région.

Ecrit, à Puerto la Cruz le 23 novembre 2008 (jour de l’anniversaire de Yannou). La rédaction.

Photo souvenir avec nos copains  Sylvie et Claude.

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