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RECITS ET COMMENTAIRES DES CLIENTS

CASSIOPE AOUT 2008

PUEBLOS DEL SUR 3J/2N

 

 

 

 

En arrivant sur Mérida, Gérard donne un coup de fil à Sylvain, afin qu’il vienne nous chercher au terminal.

C’est un jeune français, arrivé au Venezuela l’année dernière pour développer une agence de tourisme, avec lequel nous allons passer quelques jours. Si vous souhaitez le contacter : selection37@hotmail.fr, téléphone : + 58 (0)412 79 45 704, nous vous le recommandons.

 Nous vous présentons, Sylvain, notre guide sur Mérida ->

11 h 30, nous voici au terminal des bus. Nous récupérons nos bagages, Gérard appelle de nouveau Sylvain et nous nous donnons rendez-vous devant une banque. On se rencontre, on se présente et il nous emmène tous les quatre dans sa Jeep 4X4 : Denise, Claudine, Gérard à l’arrière et Jacques devant, lequel éprouve quelques difficultés à se glisser sur le siège… Quant aux bagages, ils sont sur la galerie.

En route, nous découvrons… la ville.

Sylvain nous descend à la posada que nous avons réservée pour deux nuits : ensuite, nous verrons dans quelle ville nous serons. Comme son nom l’indique « Alemania Suiza » est un établissement tenu par un Suisse Allemand marié avec une Vénézuélienne : hôtel propre, correct, mais un peu cher, surtout le petit-déjeuner. Son adresse Email : info@casa-alemana.com


Les Pueblos del Sur

C’est la région Sud de Mérida, que nous allons parcourir avec Sylvain : Mérida, Acequias, San Pedro, El Muerto, Arricagua, Campo Elias et retour par Jaji et Ejido.

Si le téléphérique avait fonctionné, nous aurions visité le secteur situé un peu plus au Nord Est et, depuis Los Nevados, situé juste en face du Pic Bolivar, nous serions revenus par Acequias, El Morro, en jeep, cheval, et mule.

Vendredi 29 août, réveil à 6 h, on se prépare, on trie les vêtements, et on ferme les sacs à dos car Sylvain passe nous prendre vers les 7 h 15.

A l’heure dite, nous chargeons les bagages et ensuite les passagers…

Avant le départ, vu l’espace exigu des places arrières, nous avons décidé, d’un commun accord, de tourner, afin que chacun s’accorde « à son heure »…. un moment de confort !!

 

 

 

A la sortie de la ville, Sylvain nous indique, au loin, une chaîne de montagnes appelée le « cara del indio » : elle représente le visage couché d’un indien avec ses plumes. Ensuite nous découvrons le Pic Bolivar enneigé (5 007 m), et arrivons sur le parking du supermarché Garzon afin d’y faire les dernières courses.

Gérard reste à côté de la voiture pour surveiller les bagages sur la galerie, pendant que le reste de la troupe achète bouteilles d’eau, biscuits secs, et de l’alimentation de base (farine, huile, sucre, café, riz…) que nous offrirons à notre hôtesse lors de notre venue. Pendant ce temps, il se fait démarcher pour acheter des livres de comptabilité, car la rentrée scolaire est proche !!! Les courses payées et rangées dans la voiture, nous repartons.

Nous traversons le quartier El Chama, qui veut dire ami ! : drôle de nom pour cet endroit qu’il faut éviter la nuit pour son insécurité et l’absence d’éclairage dans les rues.

En effet, il y a plus d’un mois, suite aux décès de plusieurs jeunes adolescents (drogues, vols, alcool), les parents ont décidé de manifester, de façon très musclée, avec des jets de pierres devant le bureau des policiers.

Depuis ce jour, des rondes de police sont organisées et ont ralenti la violence…

Nous stoppons devant un stand d’empanadas au queso (fromage) et au pollo (poulet), que nous mangeons avec un jus de goyave frais et repartons en direction d’El Morro, jusque Acequias.

 

 

Pour éviter de mauvaises rencontres…, nous faisons un furtif passage devant l’habitation de Sylvain… traversons de petits hameaux et petit à petit nous prenons de l’altitude.

Au loin, nous apercevons la ville de Mérida.

Cernée par les montagnes, installée sur un large plateau rocheux au bord d’une falaise, elle pénètre dans différentes vallées…

C’est une vue magnifique et nous n’imaginons pas  être à une altitude comprise entre 4 et 5000 m.

Première halte dans un village, pour se soulager et se rafraîchir. Nous nous garons sur la place devant l’église, qui est ouverte. Nous y pénétrons, elle est en réfection, des ouvriers travaillent dans le chœur et viennent nous saluer.

 

 

 


Dehors, sur le côté, l’un des ouvriers nous montre le four à pain du village et nous demande qui nous sommes, d’où nous venons… et où nous allons… La conversation s’engage…, avec notre espagnol débutant, mais avec beaucoup de gentillesse.

 

 

 

 

 


Nous lui expliquons que nous sommes Français, et que nous visitons les Andes autour de Mérida. De son côté, il est très heureux de nous apprendre que, pendant soixante ans, le précédent curé était un français, décédé il y a une dizaine d’années.

Il nous parle ensuite de son village, de sa région… mais la conversation s’arrête car nous avons quelques difficultés à tout comprendre. Sylvain nous rejoint à ce moment, et nous voici sauvés.

Grands sourires, poignées de mains chaleureuses, nous nous quittons et rejoignons Denise & Jacques restés à la bodega (bar-épicerie)…

 


Nous repartons.

Grâce à la dextérité de notre chauffeur, la Jeep monte et descend les cols sans difficulté sur des pistes très rocailleuses à travers un paysage de plus en plus désertique.

Sylvain s’arrête près d’un torrent et nous désigne en contrebas la plage de sable noir.

Nous en profitons pour nous dégourdir les jambes et partons vers la rivière.

A mes pieds, le sable noir ->

 

 

 

Nous traversons une zone aride.

Dans les fourrés, Sylvain nous montre la carcasse d’une vache séchant au soleil et nous précise qu’il y a quelques mois, il l’avait encore vu vivante, mais famélique.

Notre piste grimpe à flanc de montagne avec des virages très très serrés.

Notre guide demande alors à l’un d’entre nous de descendre, et de vérifier si la roche composant notre chemin ne s’est pas effritée à cause des dernières pluies…

Gérard descend, part en éclaireur, signale les passages difficiles à Sylvain et en profite pour faire quelques photos. Petit à petit, nous gravissons et atteignons le sommet.

 
 

La route, pierreuse, se rétrécit, nous retrouvons une végétation rase. Nous rattrapons une dame d’un certain âge qui remonte à pieds vers le village, chargée de paniers remplis de fruits.

Sylvain nous demande si nous pouvons la prendre. Nous acceptons volontiers ; Gérard cède sa place (il était à l’avant) et s’installe sur le marchepied de la Jeep.

Elle nous raconte qu’elle est allée cueillir des abricots et des mûres sauvages. Pour nous remercier, elle nous en propose. Nous en prenons un par politesse, mais n’osons pas lui manger toute sa récolte.

Nous arrivons à Acequias à 13 h 10, la dame descend au même endroit que nous (!), à la Posada « Mana Emilia ». Nous la voyons rentrer et déposer ses fruits… elle apportait des fruits frais pour les visiteurs que nous sommes !

Ce hameau, composé d’habitations blanches, fut fondé en 1693. Il se situe à 2 300 m d’altitude.

Malgré son isolement, nous découvrons une très belle et confortable posada : en rentrant, sur la gauche, la salle de restaurant avec la cuisine et plus loin un patio entouré par les chambres.

 

 

 

La maîtresse de maison nous attend pour déjeuner, et nous offre, en apéritif, un jus de mûres fraîchement cueillies…

Après l’excellent repas, Sylvain nous propose de visiter le vieux village indien de Mucuño.

Nous nous préparons, prenons notre poncho, sans oublier notre polaire…. !

Denise et Jacques hésitent, finalement ils préfèrent se reposer et nous partons donc tous les trois.

A pieds, nous descendons et remontons la piste ; nous dominons toute la vallée… quel dépaysement, notre regard est capté par ces cols qui s’enchevêtrent les uns derrière les autres.

 

 


            Au départ de la posada, nous partons vers les ruines du vieux village indien de Mucuño

Au loin, nous distinguons les ruines de  Mucuño, et pour gagner du temps…, nous quittons le chemin pour descendre à travers les collines. Nous empruntons des sentiers entre deux haies de cactus.
  
           Le passage entre les deux buissons de cactus                       Au premier plan, sur le plateau,  les ruines de Mucuño

Après deux heures de marche, nous arrivons près d’une ferme située à côté des ruines : c’est la seule maison encore habitée à ce jour. Un couple en sort, Sylvain leur demande à boire et, gentiment, ils nous offrent un verre d’eau bien fraîche.

Nous leur demandons pour visiter le village et de nous indiquer où se trouvait l’église. La jeune femme nous propose de la suivre : nous continuons à descendre la colline à travers les ruines qui sont envahies par la végétation. Elle s’arrête à l’emplacement de l’endroit recherché et nous quitte pour aller récupérer un veau qui s’était éloigné.

Ce village indien a été détruit par un tremblement de terre. C’est à ce jour, un site classé, laissé à l’abandon, et une seule famille a refusé de le quitter

 
                  
                    L’église… envahie par les cactus                                                    Le site…. à l’abandon

  
Nous nous promenons un moment dans ces ruines, entourés de diverses volailles et animaux, mais comme la nuit arrive, nous décidons de quitter les lieux. Nous regagnons laferme qui vit en complète autarcie, à mille lieux de tout autre habitation, et malgré cela, ses habitants ne souhaitent pas s’éloigner du vieux village indien.

Nous revenons sur nos pas avec ses montées et descentes, mais au milieu du parcours, une pluie fine et froide nous rattrape. Nous arrivons à la posada un peu transis et essayons de faire sécher nos vêtements. Pendant que Gérard prend une bière avec Sylvain et… Jacques, je me détends sous une douche bien chaude avant de les rejoindre. Nous lui racontons notre promenade, passons à table vers les 19 h, on papote un peu et au dodo.

Juste avant de m’endormir, je dis à Gérard : « écoute, on bouge des meubles », il me répond : « mais non, c’est Jacques qui ronfle »….

Le lendemain, nous quittons Acequias à 9 h 45 pour emprunter une piste très pierreuse en direction de San Pedro.

11 h, place du village, peu de personne… Nous visitons l’église et lorsque nous en sortons, un petit groupe d’habitants nous regarde avec curiosité. Nous nous saluons et commençons à discuter : ils nous indiquent un chemin menant à une cascade.

Nous empruntons ce sentier quand un homme nous rattrape, engage la conversation et nous informe  qu’il part chercher du bois. En chemin, il décide de nous accompagner jusqu’à la cascade… mais nous perdons Denise & Jacques, qui ont décidé de rebrousser chemin !

Notre sentier se rétrécit et nous découvrons la cascade sous un auvent de feuillage. Près de la rivière, quelques sacs. Nous demandons à Ameraldo, notre guide local, ce que c’est ? Il nous explique que, vu le prix du transport, ils récupèrent le sable de la rivière pour leurs constructions et, à chaque passage, il descend un sac au village.
   
      Au frais, près de la petite cascade, Gérard & Sylvain                    Ameraldo ouvre un des sacs rempli de sable de rivière
Sur le trajet du retour, Ameraldo nous montre les champs de trigo (blé) et répond à nos questions.

Ils font deux récoltes par an et il nous indique un muret en forme de demi cercle où sont extraits les graines ; celles-ci sont moulues en janvier pour être mangées en mars (semaine sainte) lors d’une fête spécifique au village accompagnée d’une procession religieuse.

ß Muret de pierres en forme de demi cercle

Mais au fait…, tout à sa volonté de nous accueillir, il en a oublié,… et son bois,… et son sable.

13 h, nous rejoignons Denise & Jacques et demandons à Ameraldo où l’on peut déjeuner.

Il nous indique une petite épicerie en contrebas et nous souhaitons lui offrir une bière…

Nous descendons quelques marches, entrons dans le magasin, demandons de la bière et le commerçant nous répond qu’il n’en a pas… Pas de bière au Venezuela ? Etonnant…

  
                                                               L’intérieur de la petite supérette du village…

Ameraldo arrive, s’adresse à notre homme qui sort de son réfrigérateur les bouteilles de bière souhaitées… Nous nous installons dehors, assis à même le sol, ou sur une pierre. Notre marchand s’en aperçoit et sort un banc, qu’il nous propose.

 
      Ameraldo, Sylvain & Gérard en grande discussion                             L’épicier, Denise & Jacques écoutent…
Tout en dégustant notre boisson, nous bavardons avec eux sur l’activité du village, les distances avec d’autres lieux… nous essayons d’établir une conversation. D’autres villageois s’approchent à une distance plus ou moins éloignée.

Nous revenons à l’intérieur de la boutique pour acheter de quoi manger, … et ne trouvons que des crackers !!! Un peu plus tard, l’épicier sort une roue de fromage… congelée qu’il essaye de couper… et, nous l’achetons.
                     La balance et, à droite, la liste des produits à vendre

ß Le comptoir avec le réfrigérateur pour les produits frais

Nous remontons dans la Jeep et continuons notre périple : chemins étroits et rocailleux, pierres qui s’effritent, virages en épingle, passages à gué. La végétation devient plus dense au fur et à mesure que nous descendons.

Une halte, lors de notre descente, pour faire « tourner » nos places, nous dégourdir les jambes et… profiter du paysage.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Les virages se succèdent les uns derrière les autres… Notre descente continue… et comme vous pourrez le constater, certains doivent mettre une fesse sur le passage de roue arrière, tandis que d’autres ont l’avantage d’être bloqués dans les virages. Heureusement que nous changeons de place régulièrement.…..

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Mais notre route continue, bien souvent, je (Gérard) descend de voiture, ne serait-ce que pour photographier notre Jeep : la route est toujours pierreuse, les cactus nous entourent, nous sommes dans une zone sèche.

 

Dans la vallée voisine, nous serons, par contre, en zone humide…, avec d’autres « aventures ».

 

 

  

 

« Et en route, pour de nouvelles aventures »

Notre slogan depuis maintenant presque deux ans…, n’est-ce pas Jacques ??

 

 

 

Le 4x4 cahote sur les cailloux et roches et chaque virage offre un dénivelé important

Parfois, nous descendons le lit d’un torrent asséché, puis c’est le cours d’eau par lui-même, et parfois un petit passage à gué.

A chaque fois, il faut poser les pneus au bon endroit, réfléchir à la répartition des poids sur chaque roue motrice et rouler doucement.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Et notre fidèle monture repart vers un nouveau col…

 

 

 

  

 

Comme après chaque montée, nous entamons une … descente… avec quelques plats… traversons la forêt Promo Don Pedro sur un chemin détrempé… les pierres ont glissé le long de la pente… même punition… on demande un éclaireur…

  

Cette route nous amène près d’un passage à gué…Sylvain hésite… s’arrête et regarde… Les dernières pluies ayant accéléré le courant du torrent ont, peut être, déplacé les pierres repérées lors de son précédent trip.

Par prudence et pour alléger le véhicule, il nous demande de descendre et d’emprunter le « passage piéton » : deux troncs d’arbre surmontés d’une lisse sommaire...

                       
                                        
Jacques emprunte le 1er le « passage piéton » et nous mitraille…

 
   
Conduite par Sylvain, la Jeep avance doucement…

La Jeep retrouve sa chaussée rocailleuse… Devant nous, une montée et un homme nous fait signe…

Tous les cinq, nous grimpons, à pied, à sa rencontre et il nous explique que la piste, large de 3 mètres environ, est en réfection : des ouvriers bétonnent la montée devenue trop glissante lors des grandes pluies, et au-delà, un camion est en panne.

Donc, nous ne pouvons pas passer.

En ce qui concerne le béton, nous pouvons rouler dessus, si l’on préserve leur travail, notamment les arêtes et il nous demande de les aider à rajouter de grosses pierres devant la dalle. Quant au camion…, il faudra attendre.
Nous protégeons donc la rampe par des cailloux, Sylvain retrouve sa jeep et commence à monter pour se présenter juste devant. Lentement le train avant du véhicule agrippe les cailloux et se retrouve sur le béton… mais mieux vaut des photos que des mots… que je vous laisse découvrir…

Il faut préciser que si nous ne passons pas, nous devrons soit dormir sur place, soit faire demi-tour et revenir, de nuit, à San Pedro, sans avoir la certitude de trouver une posada. Mais les « chambres » chez l’habitant, existent …

L’aménagement de la rampe :

 

L’approche de la jeep… :

 

  

 

  

 

 

 

Sur la rampe en béton…

  

 

 

Pendant 200 mètres, notre 4X4 roule sur le béton, retrouve ensuite la chaussée rocailleuse sur quelques mètres et stoppe… devant, le Toyota en panne…

Il est surélevé d’un côté par un cric et de l’autre par des pierres afin de permettre le démontage, avec les moyens du bord, des pièces défectueuses…

Tout le monde est intéressé au bon déroulement de la réparation, aussi bien les ouvriers qui rentrent du travail, que nous. En effet, en haut de cette dernière côte, nous allons retrouver la « civilisation », c'est-à-dire une route en enrobés …
  

 

Problème de transmission arrière, une roue est enlevée et ils réparent sur place. Un coup d’œil à nos montres pour savoir combien de temps ils leur restent avant la nuit. Dormirons-nous ce soir en forêt ?

 

Ils remontent les pièces, rangent leurs outils et tout le monde observe…  Démarrage du moteur, la réparation tient et nous regardons la bétonnière s’éloigner.
Jacques aperçoit alors la «Mamarazzi » qui, juchée sur une roche, mitraille la scène. Il la photographie et… réciproquement…

 

Sylvain leur laisse prendre de la distance car la montée est assez rude et il ne souhaite pas se retrouver bloqué derrière le camion. Nous patientons un petit quart d’heure.

Peu de temps après, la piste s’améliore, nous le dépassons et après plusieurs kilomètres, nous regagnons une route principale. Nous observons une modification radicale du temps : nous roulons sous la bruine, les nuages sont accrochés aux montagnes.

 

 

Nous traversons Quebrada La Alfombra et notre route nous entraîne vers le fond de la vallée…. Les cols embrumés se succèdent et les revêtements de la chaussée changent en fonction des passages…
Cette journée a été étonnante, car nous sommes passés d’une ambiance sèche à humide, avec la végétation correspondante (cactus, ou feuillus), en quelques heures et en circulant d’une vallée à une autre ; tout ceci, uniquement en fonction de son orientation.

Comme dirait Sylvain, c’est ça l’étonnant du « Pueblos del Sur ».

 

Nous arrivons sur Quebrada El Plan (Province d’Aricagua), où défilent différents lieux : la forêt La India, El Meson Capilla San Benito, Cuesta del Padre.


Les paysages sont très verdoyants, des cascades dévalent la montagne et des chevaux broutent sur les versants.

Changement de végétation à Mocomboco : nous retrouvons des bananiers, passons El Corral sous la pluie, puis nous plongeons vers le fond de la vallée. Nous longeons le torrent et continuons à nous enfoncer dans la combe.

Enfin, une station essence, Sylvain s’arrête pour faire le plein et nous reprenons la route pour Aricagua.

 

 

Malgré la pluie, nous nous arrêtons dans cette ville car Sylvain doit appeler la personne chez qui nous dormons cette nuit. Après toutes ces péripéties, nous avons un peu de retard… Pendant que Denise & Jacques partent se désaltérer, nous visitons l’église Santo Cristo de Aricagua dans laquelle une femme, installée sur un échafaudage, repeint le coeur.

 

Dehors, sur la place (Bolivar, bien sûr), des mulets piétinent devant un bar : leurs propriétaires y étanchent leur soif.

Sylvain vient à notre rencontre avec des biscuits, Denise & Jacques arrivent et nous repartons.

A la sortie d’Aricagua, un vieux monsieur nous fait des signes ; Sylvain ralentit, le monsieur nous demande d’attendre… et nous le voyons revenir avec un petit sac : il veut monter avec nous…

 

 

 

 

Sylvain nous interroge du regard. Pour Gérard & moi, pas de problème, mais nous sentons une petite réticence que nous brisons avec des plaisanteries. Et ce monsieur s’installe entre Denise et moi-même (à vous d’apprécier la photo).

Notre chauffeur préféré essaye de lui demander son lieu de destination, mais, à part des sourires, aucune indication… On continue de rouler… et au bout d’une bonne demi-heure, notre passager fait signe. Nous nous arrêtons devant une barrière, il descend avec un grand sourire et de grands gestes d’au revoir,  puis monte un petit chemin… et nous, nous reprenons la route.

 

 

 

Nous croisons de rares  voitures… et Sylvain ne manque pas une occasion pour leur crier « épalé »… (Renseignements pris auprès de Keigla cela voudrait dire, en fonction des lieux et situation, « salut »)

Nous rencontrons également des « auto-stoppeurs » et Jacques & Gérard demandent à Sylvain pour que les prochains soient de jolies vénézueliennes… leur vœux fut réalisé…

En effet, un quart d’heure plus tard, deux auto-stoppeuses, une dame d’une cinquantaine d’années et une d’une trentaine d’années, se présentent.

Même interrogation de notre chauffeur, même réponse de notre part, sauf que Jacques & Gérard réclament la plus jeune. D’emblée c’est l’autre dame qui monte, la plus jeune s’installant sur le pare-chocs arrière….

Bien entendu, Denise et moi-même, mettons la dame près de Gérard (même punition : à vous d’apprécier les photos)… et nous surveillons la personne à l’extérieur, surtout dans les virages et ornières. Il serait dommage de la perdre….

Nous roulons et attendons que l’une d’elles nous fassent signe d’arrêter…  Nous passons Los Azules,  la jeune dame de l’extérieur tape sur la carrosserie, nous stoppons. De grands signes et des remerciements, nous redémarrons, roulons un certain temps, le crépuscule arrive et la seconde dame nous demande d’arrêter. Nous la déposons près de sa maison en bordure de route… nouveaux signes d’au revoir.

 


De nuit, nous continuons notre route et apercevons les pancartes de Los Potreritos, Mucupuen et San Rafael. Nous devons traverser deux passages à gué : Sylvain avance doucement, car, dans l’obscurité, on ne voit pas toujours les dangers…

Enfin nous lisons le panneau de San Antonio de Campo Elias. Nous croisons beaucoup de motocyclistes et de voitures, c’est samedi, les hommes descendent dans des bourgs plus importants pour s’enivrer.

Nous croisons d’ailleurs une voiture arrêtée sur le bas côté et le chauffeur nous regarde avec des yeux hagards, je crois qu’il s’est arrêté à temps !!!                              Passage à gué de nuit …….

C’est dans ce village que nous allons dormir chez l’habitant. 20 h, nous nous arrêtons devant une grande maison ; nous entrons, Sylvain nous présente à la maîtresse de maison qui s’appelle Sergia, laquelle nous attend depuis 19 h…

C’est une grande bâtisse organisée autour d’un patio : en entrant sur la droite, une grande pièce ; au-delà, la cuisine ; au fond au milieu, les WC / douches, et tout autour les pièces de vie de toute la famille, regroupant de l’ordre de 4 générations.

Nous lui offrons les produits achetés lors de notre départ. Elle nous remercie, et nous montre notre « chambre » : la grande pièce de l’entrée, « meublée » d’un lit de deux personnes sur pieds, et de matelas rangés contre un mur, à poser par terre.

<- La petite fille de la famille nous montre notre chambre commune

Nous y entreposons nos sacs à dos.

Sergia, de son côté, nous prépare le repas et nous nous installons dans la cuisine : soupe avec pommes de terre et boeuf, galettes de maïs avec margarine et fromage râpé, et une bière locale.

 

 

 
                                Installés dans la cuisine, Sergia, notre hôtesse, nous sert à manger, aidée par une voisine

Pour nous détendre de la route, nous partons nous promener dans le village. Arrêt à la brasserie du coin… : beaucoup de jeunes s’y retrouvent le samedi et le dimanche pour parler et descendre des caisses de canettes de bière (peu chères : 25 bolivars – 5 € – pour 20 canettes) ; d’autres font du rodéo sur des motos chinoises qui pétaradent, car il n’y a pas beaucoup de distraction dans le coin !

Quand nous revenons, Sergia ferme la grande porte ; Denise & Jacques nous font signe au revoir et partent se coucher dans « notre dortoir ».

Pendant ce temps, la maîtresse de maison amène des chaises sous le porche et s’installe pour parler. Elle a sept enfants (5 filles et 2 garçons) : 2 filles sont professeurs, 1 autre dans l’administration, 1 autre aide-ménagère à la cantine scolaire et la dernière travaille dans un restaurant à Mérida. Quant aux garçons, ils sont chauffeurs de camions.

Ce village vit essentiellement de l’agriculture. Il y a cinq épiceries/bodega (débits de boissons), une panaderia (boulangerie) et quelques conducteurs de camions de marchandise sur 4X4 Toyota.
Aussi bien les véhicules que les chauffeurs sont très recherchés, car dans ces régions aussi reculées, c’est le seul moyen de transport des denrées de base. Ce métier est très rémunérateur, mais également risqué vu l’état des « routes ».

A notre tour, nous nous dirigeons vers notre chambre commune et passons par les sanitaires : une pièce toute en longueur avec une cuvette de WC au fond et au milieu du plafond, un robinet en bronze fournissant de l’eau froide : c’est la douche !!

Dans la cour, un grand bac en pierre où coule l’eau, nous nous brossons les dents et… au dodo.


ß La deuxième porte, en partant de la gauche, la salle d’eau avec WC

ß Au premier plan : le bac où coule l’eau en permanence,

Avec Sylvain, nous installons nos lits, les draps et duvets, nous voici couchés et… essayons de nous endormir…  pour Sylvain & Gérard, pas de problème !

Je tourne, je tourne… les ronflements de Jacques commencent, accompagnés occasionnellement par ceux de Gérard, qui se fait supplanter au niveau sonore par Denise… une belle nuit se prépare.

 

 

 

 
Notre chambrée : à gauche, nos deux tourtereaux,                                                à droite et au fond Sylvain,
                            Denise & Jacques,                                                                      au premier plan, Gérard & moi…
           Ne me cherchez pas, je suis derrière l’appareil photo. (Mais, Gérard ne l’a pas trouvée dans son lit cette nuit-là)

De plus en plus énervée, je m’habille, me lève et vais dans le patio avec une chaise et mon petit carnet. J’écris mes impressions et relis mes notes, mais la nuit est passagère.

La petite fille de la famille pleure… la maman se lève et vient avec sa petite aux toilettes. On s’aperçoit, on se fait signe. Ensuite, le papa, puis la grand-mère. Mais la nuit n’est pas terminée, un quart d’heure plus tard, ce sera le tour de Denise & Jacques. De mon poste d’observation, je peux vous dire que cet endroit est très visité la nuit… Vers les 6 h du matin, je regagne mon lit, mais les vrombissements de Jacques sont toujours présents.

Gentiment énervée, je lui demande de stopper (autant parler à un mur) et j’attends le lever avec impatience.
Après un petit déjeuner copieux et une toilette sommaire, Sylvain nous propose une promenade à pieds autour du village pour découvrir le panorama.

Au-delà des montagnes, nous apercevons Les Llanos.

Nous empruntons un petit chemin, accompagnés de l’une des petites-filles de Sergia, traversons une petite forêt et regagnons le village par une autre entrée.

 

ß la Place Bolivar, au loin Les Llanos (les plaines)

Une véritable porte marque l’entrée du village ; nous y croisons un cavalier chevauchant une mule et en tirant une seconde avec une longe, et nous partons ensuite dans le village distribuer quelques friandises aux enfants. Après tout, c’est dimanche.

 

 
L’entrée du village

Chacun ferme ses sacs, Sylvain vérifie les niveaux d’huile & eau. Puis nous chargeons la voiture en mettant les bagages sur la galerie, derniers bavardages avec Sergia et nous partons.

 
                                                Devant la maison de Sergia,  Sylvain prépare sa voiture… vérifie les niveaux

 
                                                 Dans le dortoir, on ferme les sacs… et on les place sur la galerie

A flanc de montagne, nous roulons sur des routes sinueuses, rocailleuses, boueuses à cause de la pluie de la veille. Beaucoup d’ornières, Sylvain avance prudemment, l’eau est tumultueuse, nous franchissons de nombreux passages à gué.

 

L’eau bouillonne en dessous du véhicule, Sylvain ouvre sa portière et propose un jacuzzi écologique… pas d’amateur, nous continuons notre route.

Sur le chemin, à la sortie d’un virage, deux grands-mères accompagnées de leurs petits enfants nous font signe.

Nous nous arrêtons et elles nous demandent si nous pouvons les prendre…  Sylvain nous regarde, Gérard et moi, sommes d’accord pour prendre une personne âgée avec nous, et deux enfants sur les pare-chocs… même interrogation pour nos deux compagnons de route, Jacques demande à Denise, qui refuse…

Chagrinés, nous laissons ces deux dames âgées sous le soleil, mais l’un des enfants s’installe sur le pare-chocs arrière. Nous le surveillons à chaque virage.

Vraiment déçus, nous l’exprimons à haute voix, en disant que « nous n’aimerions pas laisser notre grand-mère, seule, sur la route », « on peut toujours rendre service »…… Sylvain n’ose pas répondre,  nous continuons notre route et déposons le jeune garçon en chemin… 
La voiture monte, évite les grosses pierres, mais nous entendons des claquements en dessous de la Jeep.

Sylvain s’arrête, regarde… sort ses outils, resserre les cardans au niveau de la transmission arrière et demande à Gérard de prendre le volant.

A petite vitesse, Sylvain, marchant à côté du véhicule, vérifie sa réparation ; c’est bon et nous voici repartis.

La route devient de plus en plus difficile, Sylvain évite les ornières faites par les précédents véhicules, mais la pluie de la veille rend la terre glaise très glissante.

Rien n’empêche les roues de patiner et de riper et …. nous nous embourbons.

 

 

Tous les passagers descendent : Sylvain au volant, Gérard & Jacques poussent de l’arrière et sur le côté au niveau des ornières afin d’éviter au véhicule de retomber dedans.

Pendant ce temps, entre quelques prises de photo… je cherche des branchages et des pierres pour remplir les trous… car le véhicule s’enlise. Le problème est de serrer la droite de la piste, côté talus, afin d’éviter la boue du milieu, mais un arbre incliné bloque la galerie de notre 4x4. 

 
     
       On recommence le même scénario, la jeep a été positionnée sur le côté droit de la piste, plus ferme et on réessaye…
 

Gérard se place droit devant Sylvain pour le faire passer au plus près de l’arbre. Bien sûr, c’est la partie de la route la plus saine, et nous n’avons pas le courage de vider la galerie.

Je me positionne assez loin de Sylvain afin de lui permettre d’accélérer si nécessaire, mais, de nombreuses fois, le Toyota glisse dans les ornières…

 

Nouvel essai, presque au pas pour passer au plus près avec le risque de serrer trop à droite et de tomber … dans le caniveau situé à l’extrême droite de la chaussée. De plus, Sylvain m’avait alerté sur le fait que nous ne devions jamais nous engager dans un secteur dans lequel nous ne pouvions plus faire marche arrière, … et ce coin est parfait pour bloquer la galerie dans l’arbre et l’arrière droit du 4x4 dans le talus. Donc, collé serré, mais pas trop ….

  

La partie est presque gagnée, mais c’est à ce stade que le train arrière est fréquemment retombé dans les ornières du centre de la piste…..
 

Grâce à l’adresse de « notre » chauffeur et aux encouragements des compagnons de route, la jeep avance…

 

Moment crucial, nous constatons que la roue avant gauche glisse, inexorablement, vers cette ornière que nous souhaitons éviter depuis le début…..

Et Sylvain redescend … à son point de départ….

Il fait donc plusieurs marches à arrière pour retrouver un sol plus ferme, et s’élancer, tout en anticipant le fait que le véhicule puisse s’enliser et qu’il doive garder une possibilité de retour. La jeep glisse inlassablement vers l’ornière, nos deux hommes, installés sur le côté au niveau de la roue, repoussent le véhicule pour permettre aux pneus d’agripper sur de la terre plus ferme…

Petit à petit, nous grignotons quelques mètres, mais la montée est encore longue, … et la nuit se profile.

Nous voici à mi côte, la situation se complique car nous ne pouvons plus beaucoup reculer pour prendre de l’élan, sauf à perdre tous nos acquis.

Frénétiquement, nous coupons des branchages et de larges feuilles, que nous déposons sur le futur trajet de la voiture ; nous bouchons les ornières avec des cailloux et Sylvain s’élance après avoir étudié à pied la meilleure trajectoire… Les pneus patinent, mais adhèrent aux feuilles… victoire, la jeep passe…

Un regret, ayant les mains maculées de boue, je n’ai pas pu prendre de photos…notamment ce tapis de feuilles vertes que nous avons patiemment posé sur plusieurs mètres.

Nous récupérons la voiture un peu plus loin, au-delà de cette zone très boueuse, les mains et les chaussures en tartinées de gadoue et nous laissons nos empreintes aux quatre coins de la carrosserie…

Nous continuons notre route avec beaucoup de prudence et la piste reste très glissante.

  

Nous passons « facilement » à cet endroit car nous étions en descente, mais il faudra remonter la piste.
 
Eh oui, pas de photos à ce stade, car nous arrivons au second moment difficile de notre périple et toutes les personnes de bonne volonté ont été mobilisées dans ce passage.

Imaginez une courte descente, avec, tout en bas un passage à gué. Il a plu beaucoup ces dernières heures, et le courant y est très fort.

De l’autre côté du torrent, un raidillon de quelques dizaines de mètres, un virage à gauche lui aussi en montée, et une longue ligne droite très pentue s’incurvant sur la droite vers le haut : bref, aucune visibilité sur ce chemin à flanc de montagne.

Sylvain nous demande de descendre de voiture afin que nous traversions le gué à pieds et qu’il puisse lancer son 4x4 dans la côte dès qu’il aura franchi l’eau.

Arrivés de l’autre côté, je demande à Claudine de gravir la côte, de s’arrêter presque en haut au niveau de la courbe afin qu’elle puisse arrêter tout véhicule descendant. Nous échangeons avec nos codes de plongée sous-marine, et de son belvédère, Claudine patiente, attend et ne peut suivre nos pérégrinations au niveau du cours d’eau. Denise, Jacques & moi, restons en dehors de la trajectoire du véhicule, sur la droite, dans un renfoncement de la piste, en surplomb du ruisseau.

Sylvain cale dans le raidillon, redescend dans le torrent, immobilise les roues dans l’eau et redémarre.

Nouvel échec. Il nous demande, à Jacques et à moi, de monter sur le marche pieds avant droit car le 4x4 menace de verser avec l’inclinaison de la route … et les nombreux trous. Le 4x4 continue de glisser de travers dans la pente mais n’arrive pas à revenir face à la montée.

Demi-tour dans le virage de ce raidillon, et le 4x4 ne verse pas….

Sylvain franchit de nouveau le gué pour faire demi tour et se remettre dans le sens de la marche. Impossible, le chemin est trop étroit. Il décide donc de faire sa manoeuvre … dans le gué lui-même et me demande de monter à ses côtés. Nous nous engageons dans l’eau « portières ouvertes », mais il faut aller plus loin dans le torrent, vers l’amont, mais aussi vers l’aval.

Pas d’autre solution que de prendre un bon bain de pieds : l’eau fraîche est agréable, mais les cailloux sont vraiment gros et glissants. Moment de complexité car Sylvain est tendu, ainsi que la situation. Marche avant, contre les rochers amonts ; marche arrière, le plus loin possible pour ne pas tomber dans le lit du ruisseau et coincer le châssis dans les cailloux, sans oublier que les roues propulsent les cailloux un peu partout.

Après 4 ou 5 manœuvres, le 4x4 a enfin pivoté ; Sylvain traverse le torrent, … et tout à sa manœuvre, m’oublie de l’autre côté…. Nouveau bain de pieds.
Nous faisons un stand by, réfléchissons, et calculons notre trajectoire. Le passage doit se faire en trois temps : franchir le raidillon et virer le plus possible, redescendre en marche arrière vers notre promontoire surplombant le torrent, et s’élancer dans la côte, en « ligne droite ».

Et pendant ce temps, Claudine attend. J’avais presque envie de lui proposer de redescendre car nous ne connaissons pas l’issue de cette péripétie quand elle nous alerte : un véhicule descend. Elle l’arrête, lui explique la situation en « espagnol », le conducteur gare son véhicule près d’elle et vient à notre rencontre.

Il discute avec Sylvain. L’âge et l’expérience aidant, il lui explique qu’il doit serrer la corde et balancer le poids du 4x4 sur la roue avant gauche, même si la roue avant droite passe en l’air. Nous pensions l’inverse : appuyer la roue extérieure.

Sylvain redescend dans le torrent, jette son 4x4 à la corde, et je vois effectivement le véhicule sur 3 roues. Il passe, s’engage dans la montée et je cours vers le haut afin de bloquer tout véhicule afin qu’il ne s’arrête pas. Un petit plat, Sylvain s’arrête et nous remercions notre homme, la Providence, et notre bonne étoile.

Vraiment un très bon moment, que nous avons beaucoup apprécié, tout comme celui des feuilles sur la piste glaiseuse. Après les moments forts en mer, voici ceux de notre « Escapade » terrestre.

Claudine est déçue, car dans l’urgence du moment, elle a laissé son appareil photo dans le véhicule. Dommage qu’elle n’ait pu rendre la force du courant dans le gué.

Nous récupérons une route cimentée, les nuages sont accrochés à la montagne et nous traversons cette masse bruineuse, longeons des forêts, des prairies, au loin nous apercevons des cascades…

Nous nous arrêtons un petit instant pour apprécier ce très joli spectacle, mais nous ne tardons pas… il y a encore de la route à faire.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Enfin de l’enrobé… vous pourrez apercevoir, à l’arrière gauche du 4X4, sur l’angle les empreintes de mains boueuses…

Direction San José, via un col culminant à 3 080 m. Nous nous arrêtons dans cette agglomération vers les 17 h, la nuit commence à pointer et nous n’avons pas mangé, vu les précédentes péripéties.

Nous nous dirigeons vers un bar/brasserie, dont l’accès se situe sur la façade arrière, face à un terrain de jeux.

Sur le côté, un parc de détente pour enfants, beaucoup de monde, et devant une buvette, des hommes jouent aux boules…

Nous demandons pour grignoter quelque chose… rien, sauf de la bière… et le dernier sachet de chips.

Eh bien, ce sera une bière pour chacun avec trois chips et nous allons chercher des biscuits dans la voiture. Repas frugal, mais nous devons partir car la nuit est là et nous voudrions arriver sur Mérida à une heure raisonnable : au programme, découvrir notre hôtel de ce soir et transférer une partie de nos bagages restés dans la première posada.
                               Sylvain attend près du « passe-plat » les bières et
                                                                                                                                                le sachet de chips

Nous franchissons un pont, empruntons une voie rapide, beaucoup de circulation, changement brutal avec la nature que nous venons de quitter, nous voici plongés dans les embouteillages de la ville…..  19 h 30, nous stoppons devant la posada Alemania.

Nous récupérons nos bagages, cherchons un restaurant et Sylvain nous prévient que presque tous sont fermés le dimanche soir, hormis…. un « Chinois…. », mauvais souvenir..…

Néanmoins, nous trouvons une pizzeria ouverte, et faisons un festin !

Vers les 22 h, nous débarquons dans l’hôtel Italia, très rustique, un minimum de confort, mais c’est propre…. Le réceptionniste nous remet la clef et… une télécommande de téléviseur que nous mettons, a priori, dans le sac de nos anoraks. Sylvain nous quitte, presque à regret, mais nous nous retrouverons demain soir au restaurant de son ami. Nous nous installons et voulons passer sous la douche… impossible l’eau est coupée. Gérard descend voir le veilleur de nuit : effectivement, il faudra attendre demain matin. Tant pis, nous dormirons avec notre saleté… !!

Ces trois jours ont été un réel dépaysement, des paysages magnifiques, des rencontres chaleureuses et intéressantes avec les habitants, nous sommes très satisfaits de ce circuit. Sylvain, avec son enthousiaste et sa simplicité, nous a fait découvrir une partie des « Andes Oubliées ».